SULAWESI / RESERVE NATURELLE DE TANGKOKO, TUMBAK ET BUNAKEN


Réserve Naturelle de Tangkoko

Lundi 10 juin 2019

S’il est difficile de rejoindre les îles Togian, il est tout autant compliqué de les quitter !

D’abord parce que la séparation avec l’équipe du Lia Beach fut douloureuse. Ensuite, parce que la route nous parut très longue avant d’atteindre notre prochaine destination, la ville de Manado.

 

Rendez-vous compte ! Nous sommes partis du Lia Beach à 10h pour atteindre le port de Wakai sur Pulau Batudaka à 13h30, après 3h30 de pirogue à moteur sous la pluie. A Wakai, il a fallu attendre jusqu’à 19h le ferry pour Gorontalo, où nous avons débarqué à 6h du matin, après une nuit difficile, mais bien meilleure que beaucoup de passagers, car nous avons dormi dans la cabine du Capitaine. Pour info, sur le pont supérieur derrière le cockpit, il y a quatre cabines d’au moins trois lits où il est possible de dormir à cinq, à l’étage inférieur on trouve des cabines de deux fois deux lits superposés. Toutes ces cabines destinées à l’équipage se louent facilement sous le manteau... Autrement, il faut s’attendre à une très longue nuit sans sommeil, avec une télévision qui hurle et dans une atmosphère enfumée. En Indonésie, les gens fument beaucoup et ils commencent très jeunes, surtout les garçons, encouragés par des publicités qui vantent le côté viril de la cigarette avec comme slogan, « Never quit » (n’abandonne ou n’arrête jamais)… !!

 

 

Arrivés à Gorontalo, une voiture nous attendait pour 11h de route avant d’atteindre Manado, une ville sale, moche, bruyante, aux trottoirs défoncés, où les rats vous filent entre les jambes… Quant au conducteur, il fumait cigarette sur cigarette et se raclait la gorge quand il ne piquait pas du nez au volant… Un très bon conducteur néanmoins !

C’est Marion du Lia Beach qui a organisé tous nos transferts jusqu’à Manado, y compris la réservation de la cabine du Capitaine.

 

La soirée passée à Manado a fini de nous saturer des villes d’Asie du Sud-Est. A l’exception de Luang Prabang, Hanoï et Ubud, toutes les villes que nous avons traversées en Asie du Sud-Est manquaient cruellement de charme à nos yeux. Avec Manado, nous avons peut-être atteint nos limites. Nous ne supportons plus le bruit, le manque d’hygiène, les trous dans les trottoirs, les poubelles qui débordent… !

 

Par chance, à Manado, nous avons dormi au Libra Homestay, une grande maison tenue par un couple d’indo-chinois, anciens fonctionnaires des Nations Unies. Une très bonne adresse à un prix très compétitif.

 

Mercredi 12 juin 2019

Nous quittons le Libra Homestay à 11h pour prendre la direction de la Réserve Naturelle de Tangkoko-Batuangas Dua Saudara, située à la pointe nord-est de Sulawesi et à 2 heures de route de Manado.

Nous avons réservé 2 nuits au Tangkoko Hill, une excellente adresse avec des bungalows propres et de bons repas de cuisine locale.

 

La Réserve Naturelle de Tangkoko-Batuangas Dua Saudara occupe 8 800 hectares de forêt tropicale, au bord de la mer. Elle est réputée pour abriter, entre autres, des macaques à crête, des cuscus, des spactral tarsiers et une grande variété d'oiseaux, tous assez faciles à observer car habitués à la présence humaine.

 

 

Nous sommes venus jusqu’ici pour apercevoir les tarsiers, de minuscules primates nocturnes, aux yeux exorbitants, aux grandes oreilles et aux longues pattes, capables de bondir à une vitesse stupéfiante sur des distances équivalent à dix fois leur taille.

Ces primates ne sont visibles que dans certaines forêts d’Indonésie et des Philippines !

Le soir de notre arrivée, nous avons réservé une sortie guidée nocturne afin de surprendre les tarsiers au moment où ils quittent leur nid pour chasser les insectes de nuit. Les tarsiers commencent à se montrer vers 17h, quelque peu endormis et engourdis. A la nuit tombée, vers 18h, sortis de leur torpeur, ils finissent par s’élancer et deviennent de redoutables chasseurs… Nous avons passé un long moment à les observer. On dénombre plus de mille tarsiers dans la Réserve de Tangkoko.

En rentrant, nous avons aperçu une belle et terrifiante tarentule !

 

 

Jeudi 13 juin 2019

Ce matin réveil à 5h30 et départ à 6h à la recherche des macaques à crête, une espèce endémique, malheureusement chassée pour sa viande. La Réserve de Tangkoko est un sanctuaire pour cette espèce.

La sortie qui dure environ 3h nous a permis d’approcher de très près les singes. Nous avons aussi croisé des bear cuscus, des toucans dont le fameux Knobbed Hornbill, des tarsiers qui rentraient de leur sortie nocturne et des fourmis très agressives…

 

Cette sortie et celle de la veille au soir sont faciles et peuvent être faites avec de jeunes enfants. Depuis les îles voisines de Bunaken, Siladen et Lembeh, il est envisageable de visiter ce parc lors de sorties à la journée. Ne ratez donc pas ce rendez-vous avec les tarsiers et les macaques qui ont permis le classement en Réserve Naturelle de la forêt au pied du volcan Tongkoko !

Avec plus de temps sur place, il est aussi possible de faire des sorties d’observation des oiseaux, un trek jusqu’au sommet du volcan Tangkoko (il faut compter 4h pour atteindre le sommet)….

 


Tumbak

Vendredi 14 juin 2019

Dans la matinée, une voiture vient nous chercher au Tangkoko Hill pour nous conduire à Tumbak, où nous avons prévu de passer 4 nuits au Tumbak Island Cottages, tenu par un français Yoan, un écologue installé depuis plus de 10 ans en Indonésie et marié à une Bajo.

Nous apprendrons plus tard que Tumbak est un village de Bajos (les nomades de la mer), tristement célèbre pour sa pratique de la pêche à la bombe, pourtant interdite. La semaine avant notre arrivée, deux pêcheurs qui manipulaient des explosifs ont été conduits à l’hôpital, l’un d’eux avec la mâchoire arrachée…

 

Sur la route entre Tangkoko et Tumbak, nous avons été frappés par le nombre hallucinant d’églises protestantes qui jalonnent le territoire.

Il nous aura fallu 4 longues heures pour arriver à destination et découvrir notre hébergement, des bungalows sur pilotis, construits au milieu du lagon et adossés à une mangrove. Si le confort est sommaire, le cadre est superbe. Les bungalows sont orientés face au volcan actif Soputan, au soleil couchant et sont entourés de très beaux récifs coralliens (malheureusement peu poissonneux…). Tous les repas sont acheminés par bateau depuis le village Bajo de Tumbak, où ils sont préparés par la belle-mère de Yoan. Sur place, il n’y a pas d’eau courante et l’électricité est fournie par des panneaux solaires.

 

 

La première nuit, nous avons eu du mal à trouver le sommeil après avoir croisé sur le ponton un tricot rayé (serpent marin) d’1m50, sur lequel Ruben a failli marcher. On a beau savoir que les cas de morsures sont extrêmement rares, nous n’ignorons pas que son venin peut être mortel. Nous avons aussi été surpris par un pêcheur qui s’était abrité de la pluie sous notre ponton. De quoi faire paniquer une petite famille de touristes occidentaux se sentant seuls et vulnérables au milieu du lagon….

Nous ne dormirons pas mieux les nuits suivantes, mais cette fois-ci pour d'autres raisons, à cause de jeunes indonésiens qui avaient loué le bungalow voisin et qui n'ont pas fermé l’œil de la nuit, à cause des moustiques, à cause du clapot des vagues sous les bungalows, à cause de la musique tard dans la nuit au village de Tumbak...  Nous étions venus jusqu'ici pour nous reposer et nous en sortirons très fatigués!

 

Nous avons passé nos journées à faire du snorkeling, à lire, à jouer aux cartes, à pêcher, à contempler le paysage et à croiser beaucoup de tricots rayés le soir venu !

 

Même si nous avons apprécié d'être seuls (ou presque...) au milieu du lagon, nous avons trouvé le temps un peu long, d’autant plus que la météo n’a pas été fameuse. Du coup, nous avons écourté notre séjour à Tumbak pour retourner sur Manado afin de visiter lors d’une excursion à la journée l’île de Bunaken.

 

Nous garderons un bon souvenir de cette expérience et de nos échanges avec Yoan, un passionné du monde sous-marin !

 


Pulau Bunaken

Lundi 17 juin 2019

Nous quittons le Tumbak Island Cottages vers 10h, direction la ville de Manado où nous logerons 2 nuits au Sintesa Peninsula Hôtel Manado, un hôtel cher pour Sulawesi, mais nous avions tous besoin d'un peu de confort. Pour 120€ la nuit, nous avions 2 chambres communicantes avec un espace salon entre les deux, une superbe piscine, une salle de sport, un spa, des petits déjeuners pantagruéliques, une jolie vue sur la ville!

 

 

Mardi 18 juin 2019

Nous avons réservé un tour à la journée sur l'île de Bunaken avec Frangky, un habitant de l'île qui tient aussi un Homestay où nous avons mangé le midi et qui nous a été recommandé par Yoan de Tumbak. Frangky connait parfaitement l'île et parle très bien l'anglais. Son WhatsApp: +62 812 4452 691. N'hésitez pas à le solliciter pour un tour à la journée ou pour son hébergement qui est impeccable et où les repas sont délicieux et copieux!

 

L'île de Bunaken qui se trouve à moins d'une heure en bateau de Manado, fait partie du Parc National Marin de Bunaken Manado Tua qui abrite une biodiversité marine exceptionnelle.

Nous n'avions pas prévu d'y aller car nous avions souvent lu que l'île était très touristique et que d’innombrables déchets produits par Manado flottaient à la surface de ses eaux.

Nous avons bien fait de changer nos plans car l'île de Bunaken, sur terre et dans l'eau nous a beaucoup plu, en dépit des plastiques malheureusement très présents.

Pas une voiture sur l'île, des maisons propres aux abords soignés, une population accueillante, pas de grands hôtels, des chemins qui permettent de sillonner l'île...! Sous l'eau, c'est un festival de poissons, de coraux, de tortues. En une journée, nous avons aperçu plus de 20 tortues, dont une très rare et qui devait faire plus de 2 mètres de long!!

Très honnêtement, cette sortie à la journée nous a fait un peu regretter d'être allés à Tumbak (8h aller-retour). A refaire, nous resterions plusieurs jours sur l'île de Bunaken et peut-être aussi celle de Siladen sans aller jusqu'à Tumbak!

 

La région de Manado est très facile d'accès en avion et recèle une grande quantité de sites à visiter, région de Minahasa, Tomohon, réserve naturelle de Tangkoko Batuangas Dua Saudara, Bunaken...

 


Notre séjour à Sulawesi s'achève ici à Manado après un mois d’itinérance du Sud au Nord.

Demain, mercredi 19 juin 2019, nous nous envolons pour notre dernière destination, Singapour...

 

De Sulawesi, nous retiendrons l’accueil exceptionnel de la population, notre road trip de Makassar au Pays Toraja avec notre guide Topic, le fascinant Pays Toraja, notre rencontre avec les propriétaires et le personnel du Lia Beach aux îles Togian, les tortues de Bunaken…

L’île de Sulawesi a tant de choses à offrir à tous les cœurs aventureux à la recherche d’espaces encore vierges et épargnés par le tourisme de masse...

 

MAIS, si vous lisez ces lignes et que vous envisagez de vous rendre à Sulawesi, un conseil, prenez le temps de vous poser la question de savoir si ce voyage est bien fait pour vous, surtout avec des enfants…

 

A Sulawesi, les déplacements sont longs, les routes dangereuses, les infrastructures touristiques parfois inexistantes et les centres d’intérêt sont éloignés les uns des autres. De Makassar au Pays Toraja, il faut compter une journée entière de déplacement, du Pays Toraja aux îles Togian, trois journées de transports, des îles Togian à la région de Manado, deux journées complètes avec une nuit plus ou moins bonne dans le ferry.

 

Le Pays Toraja est incroyable et unique au monde. Il mérite le déplacement et est relativement facile d’accès depuis la capitale Makassar. Il est possible de le visiter sans parcourir tout Sulawesi, notamment depuis Bali en y consacrant une semaine.

 

En décidant de se rendre aux îles Togian, difficiles d’accès, il faut accepter de faire beaucoup de route. Pas d’autres choix ! Et il faut l’avouer, les îles Togian nous sont apparues moins exceptionnelles que ne le prétendent certains guides ou blogs de voyageurs….

  • Tout d’abord, nous avons trouvé que les paysages des îles Togian, bien que préservés et sauvages, n’étaient pas aussi spectaculaires que ceux de beaucoup d’îles en Thaïlande, qui restent beaucoup plus faciles d’accès !
  • Ensuite, le snorkeling au bord des plages nous a un peu déçus et nous y avons vu moins de poissons que sur la côte d’Amed à Bali, dans l’archipel de Komodo ou sur les îles de Trang en Thaïlande pour ne citer que l’Asie du Sud-Est. Alors qu’à Bali, à Komodo ou en Thaîlande, de nombreux pêcheurs se sont reconvertis dans le tourisme, aux îles Togian, les Bajos vivent essentiellement de la pêche. Du coup, certaines zones sont très pêchées et la ressource s’épuise à proximité immédiate des villages ! La pêche à la dynamite et au cyanure y sont peut-être aussi pour quelque chose ! En revanche les coraux sont magnifiques et très variés ! Quant aux plongées, il semblerait qu’elles tiennent toutes leurs promesses. Les plongeurs rencontrés étaient aux anges ! Mais attention, le caisson de décompression le plus proche se trouve à Manado où dit-on il n’y a pas de médecin hyperbare!!

Aux îles Togian, nous avons eu la chance de séjourner au Lia Beach, un paradis propice au repos et la déconnexion avec une équipe exceptionnelle qui a su rendre notre séjour inoubliable. Mais il suffit de se retrouver dans un hôtel moyen, qui ne nettoie pas sa plage régulièrement, qui sert une nourriture quelconque et dont les bungalows sont vétustes pour regretter amèrement le long trajet pour venir jusqu’ici. Si vous y ajoutez une météo capricieuse… ?!

Pour finir sur une note positive, l’éloignement des îles Togian est peut-être un défaut pour nous qui voyageons avec des enfants, mais c’est assurément un avantage qui les préserve du tourisme de masse, contrairement aux îles en Thaïlande

 

Enfin, le patrimoine architectural et artistique est très pauvre à Sulawesi, et cette pauvreté nous a d’autant plus surpris que nous arrivions de Bali ! Passionnés d’art et d’architecture, passez votre chemin ! En revanche, si vous êtes amateurs de flore et de faune, cette île est faite pour vous…

 

Vous l’aurez compris, Sulawesi vous mettra à l'épreuve, l'île se mérite et les longs déplacements rendent le voyage pénible et gâchent un peu le plaisir lorsqu’on voyage en famille. Il faut consacrer du temps pour découvrir Sulawesi, pas moins de 4 semaines pour la parcourir du sud au nord. A refaire, nous ne ferions qu’une région, probablement le Sud pour le Pays Toraja, mais pas les deux. Si vous décidez de faire le voyage jusqu’aux îles Togian, nous conseillons d’y rester au moins une semaine en choisissant bien son île et son hôtel.

 

A Sulawesi, nous finirons par oublier les longs trajets et garderons avant tout un merveilleux souvenir de rencontres, de visages, de sourires et c'est peut-être l'essentiel dans un voyage!


La suite et fin de notre voyage, à Singapour, c’est ICI


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