CHAMPASSAK


Mercredi 16 janvier 2019

Ce matin au réveil, c'est l'hécatombe, trois d'entre nous sont malades, Catherine, Manuel et Emile. Nous n'avons pas été assez vigilants et avons accepté de manger des légumes qui n'avaient pas été cuits. C'est du moins ce que l'on pense... Pour couronner le tout,  la nuit fut sans sommeil avec une chasse au-dessus de nos têtes dans les combles, pendant laquelle on pensait que la proie et le prédateur allaient traverser le plafond en lambris.

Manuel en vient à se demander si ce n'est pas une idée de nantis que d'accepter de loger dans des conditions un peu spartiates à 14 euros la nuit pour le simple plaisir de la rencontre! Nous garderons néanmoins un fabuleux souvenir de Tad Lo et du Palamei Guesthouse!

 

En début d'après-midi, tant bien que mal, nous quittons Tad Lo pour Pakse où nous devons récupérer des bagages chez Nicolas avant de repartir le lendemain pour Champassak.

Il est tout à fait possible de se rendre à Champassak depuis Tad Lo sans retourner à Pakse, la plupart des guesthouses de Tad Lo pouvant organiser ce transfert. Petit loupé de notre part....

 

Après un court voyage en équilibre dans un Tuk Tuk trop petit pour nous 5 avec nos bagages, nous embarquons dans un bus non climatisé, qui multiplie les arrêts et dont on se demande comment il roule encore... Ah le Laos!

 

La station de bus et le Tuk Tuk où nous sommes montés à 5!

 

Le bus... en photo, sans le bruit ni la chaleur

 

Au bout de 3 longues heures nous arrivons à Pakse où il faudra encore prendre un Tuk Tuk pour nous rendre chez Nicolas, au NKM.

 

Après une bonne nuit pour tout le monde, vers 10h, nous montons à bord d'une pirogue, direction Champassak en suivant le cours du Mékong. C'est encore Nicolas qui nous a trouvé ce bon plan et organisé le transfert.  Nous avons embarqué directement aux pieds de la Guesthouse. Une superbe occasion de naviguer sur le Mékong et d'y observer une vie foisonnante.

 

 

Au bout d'une heure trente de navigation paisible, notre bateau nous dépose en face de Champassak, sur l'île de Don Daeng où se trouve notre hôtel, La Folie Lodge.

Pour cette étape, nous avons cassé la tirelire et fait une grosse entorse à notre budget, mais nous avons tous besoin de repos, surtout Emile, qui a beaucoup maigri et qui a du mal à se remettre de sa "tourista". Par chance, nous avons pu contacter notre médecin traitant qui nous a indiqué le traitement à suivre. Un grand merci!!

Pour permettre à Emile de reprendre des forces, nous avons décidé de prolonger notre séjour sur l'île et d'y rester 4 nuits au lieu des 2 initialement prévues. Nous avons demandé 5 nuits, mais l'hôtel affichait complet.

L'hôtel est superbe, les bungalows en bois donnent tous sur le Mékong et sur une immense plage de sable où les buffles viennent paresser au soleil.  Il y a une belle piscine face au soleil couchant, un restaurant qui offre une carte de spécialités laotiennes et internationales, des vélos à disposition et les traversées en bateaux vers et depuis Champassak sont incluses dans le prix. L'hôtel soutient des projets de plusieurs communautés de Don Daeng, comme la rénovation de l'hôpital ou la construction d'écoles. Un petit paradis où le temps est comme suspendu...

 

 

L'île de Don Daeng semble oubliée par le temps. Ses villages paisibles s’égrènent sur les berges du Mékong tandis que les rizières occupent le centre de l'île. Aucune voiture ne circule sur l'île où l'on ne croise que des vélos, motos ou dok dok (minitracteurs visibles sur la dernière photo ci-dessus).

Sur l'île, il n'y a ni restaurants, ni boutiques de souvenirs, ni guesthouses, ni sites à visiter. Les villageois vaquent à leurs occupations sans se soucier des touristes. Ils ne semblent rien attendre d'eux. Pendant notre séjour, les villageois ramassaient les cacahouètes en famille et en chansons.

Il est possible de faire le tour de l'île à pieds ou en vélos. On peut aussi tout simplement se poser, observer la vie devant soi et le spectacle de la nature qui ne ménage jamais ses efforts pour séduire. A l'aube, un brouillard d'estampe asiatique envahit les rives et le soir, dans le jour déclinant, alors que des barques de pêcheurs déposent leurs filets pour la moisson nocturne, le ciel s'enflamme. Un vrai coup de cœur!

 

 

En face de l'île de Don Daeng, se trouve l'ancienne cité impériale de Champassak où l'on peut encore voir quelques belles maisons coloniales aux côtés de maisons laotiennes traditionnelles en bois. Il y a plein de choses à faire et à voir à Champassak, comme le Théâtre d'ombre et cinéma Tuktuk, le Champassak Spa, des temples bouddhiques, des randonnées notamment dans les rizières, des villages à visiter. Champassak qui offre un bon et large choix d'hébergements mérite une halte d'au moins 3 nuits! Il est aussi possible d'y louer des motos. Ce que nous avons fait tant nous y trouvons maintenant du plaisir et de la liberté de mouvement. Cette fois-ci, nous nous sommes aventurés sur des pistes de terre en suivant les canaux d'irrigation des rizières.

 

A Champassak, nous avons fait la connaissance de Guilaine, une française qui tient avec son fils Michel, une boutique d'artisanat laotien, "Chez Maman". Écoutez-la vous raconter avec passion comment sont confectionnés les tissus, écoutez-la vous parler de ces femmes qui les réalisent. Nous avons craqué tellement sa boutique est superbe. Chaque année, Guilaine et son fils parcourent le Laos à la recherche de nouveaux produits. En achetant quelques tissus et sculptures, nous avons vraiment l'impression de soutenir l'artisanat laotien et de sauvegarder un savoir-faire, avant que la camelote occidentale ou chinoise n'atteigne et ne souille le commerce local...

 

 

A Champassak, il y a aussi et surtout le très fameux Vat Phu un ancien sanctuaire Khmer, inscrit sur la Liste du Patrimoine Mondial. Ses ruines se trouvent au cœur d'un site naturel spectaculaire. Le site se compose de 6 terrasses sur 3 niveaux reliés par un escalier bordé de frangipaniers qui monte au sanctuaire principal, au sommet de la montagne d'où la vue est saisissante.

La fleur de frangipanier est considérée comme l'emblème national du Laos. Ces fleurs sont réputées pour leur parfum exquis et pour leur résistance. Les fleurs de frangipaniers sont plantées à proximité des temples, elles sont utilisées lors des cérémonies bouddhistes, ou encore pour la confection de colliers et de guirlandes.

Le Vat Phu est différent des temples visités à Siem Reap, ne serait-ce que par son emplacement. Il faut y consacrer une demi-journée et le visiter de préférence tôt le matin.

 

Sculptée dans un rocher, une trimurti de style Khmer, représentant la trinité hindoue: Shiva, Vishnou et Brahma.

 

A Champassak et au Laos, à l'image de ses habitants, de leurs croyances bouddhistes et hindouistes, nous apprenons à vivre le moment présent, dans une joie simple, sans stress ni mauvaise humeur, sans ressasser le passé, sans redouter le lendemain, cherchant la précieuse connivence avec les choses et les êtres, et ce si grand plaisir qu'on y prend.


La suite de notre voyage au Laos aux 4 000 îles, c'est ICI


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