NOUMEA


Un peu de géographie et d'histoire...

Lointain archipel posé à 16 750 km de Paris sur l'immensité bleutée du Pacifique Sud, la Nouvelle-Calédonie compte une population de 269 000 habitants, répartis sur l'île principale (Grande Terre), l'île des Pins, les îles Loyauté (Ouvéa, Lifou, Maré) et les minuscules îles Belep.

La Grande Terre, une île montagneuse de 450 km de long sur 50 km de large, est la troisième île du Pacifique Sud par la superficie, derrière la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Guinée.

Contrairement à de nombreuses îles du Pacifique et notamment la Polynésie française, la Grande Terre ne résulte pas de l'activité volcanique.

 

 

Pour comprendre la Nouvelle-Calédonie il est indispensable de s’intéresser à son histoire et notamment à celle qui la lie à la France:

  • 1774, l'explorateur britannique James Cook découvre la Grande Terre qu'il baptise Nouvelle-Calédonie en souvenir de son Écosse natale.
  • XIXième siècle, arrivée des missionnaires catholiques (français) et protestants (anglais).
  • 1853, sous prétexte de protéger les missions catholiques françaises, Napoléon III ordonne l'annexion de la Nouvelle-Calédonie. En réalité, la France avait besoin d'une base militaire stratégique dans le Pacifique et d'une alternative à la colonie pénitentiaire de l’île du Diable en Guyane, où sévit le Paludisme. Lorsque le drapeau tricolore est hissé le 24 septembre 1853, le Royaume-Uni ne réagit pas.
  • 1864, arrivée des premiers forçats dans la colonie pénitentiaire, à l'île de Nou. Jusqu’en 1897, près de 25 000 personnes seront déportées. Une fois libérés, les forçats condamnés à une peine supérieure à 8 ans sont contraints de s'installer sur l'île où ils reçoivent des concessions agricoles... Le pénitencier sera fermé en 1928.
  • 1878, révolte Kanak contre l’appropriation des terres par les colons français. 1 000 Kanak sont tués au cours des affrontements.

  • 1887, mise en place du code de l'Indigénat dans les colonies françaises. Ce code prive les populations autochtones de tous les droits civiques! Lorsque le flux des forçats s'arrête en 1897, les colons perdent leur réserve de main d’œuvre gratuite et la remplace par l'exploitation des Kanak.
  • 1946, abolition du code de l'Indigénat, les Kanak deviennent des citoyens français et peuvent quitter leur réserve sans autorisation.
  • Années 1970, boom du nickel qui attire 20 000 à 25 000 Français de métropole. Une nouvelle génération de leaders Kanak revendique l'indépendance, emmenés par Jean-Marie Tjibaou (FLNKS).
  • 1984-1988, période des "Évènements"  durant laquelle indépendantistes et loyalistes s'affrontent violemment et qui trouve son point d'orgue avec le massacre de la grotte d'Ouvéa.
  • 26 juin 1988, accords de Matignon signés par les deux présidents des formations politiques de Nouvelle-Calédonie, Tjibaou et Lafleur. Traité de paix historique qui prévoit le rééquilibrage politique et économique entre les différentes communautés et la division de la Nouvelle-Calédonie en trois régions.
  • 4 mai 1989, assassinat de Jean-Marie Tjibaou par un extrémiste Kanak, qui estimait que les accords de Matignon étaient une trahison.
  • 1998, signature de l'accord de Nouméa qui prévoit la tenue d'un référendum sur l'indépendance à partir de 2014.
  • 4 novembre 2018, référendum final portant sur l'avenir institutionnel , indépendance ou maintien au sein de la République française...

Drapeau Kanaky

 

Le 1er décembre 1984 est hissé pour la première fois à la tribu de La Conception au Mont-Dore le drapeau dit « de Kanaky », ou « indépendantiste ». Celui-ci est toujours utilisé comme emblème par tous les partisans de l'indépendance.

Le drapeau est à cinq couleurs (bleu, rouge, vert, jaune et noir).

Il comprend trois bandes horizontales surmontées d'un cercle jaune légèrement décalé sur la gauche et comportant en son centre, en ombre chinoise, une flèche faîtière de case traditionnelle kanak percée d'une toutoute.

 

Sa symbolique est ainsi expliquée par Jean-Marie Tjibaou :

  • « Vert qui symbolise la terre, les ancêtres, la richesse du sol et l'espoir »,
  • « Rouge qui symbolise le sang versé dans la lutte, le socialisme et l'unité du peuple »,
  • « Bleu qui symbolise le ciel et le Pacifique environnant »,
  • « Et le Soleil, sur lequel s'inscrit en noir la Case avec la flèche faîtière et sa Toutoute ». Elle représente le « frère aîné », à savoir le chef de clan, ou, aux Îles Loyauté, le grand chef du district, et est donc devenu le symbole de l'organisation clanique et coutumière kanak.

Premiers pas en Nouvelle-Calédonie, à Nouméa...

Nous décollons de Papeete le samedi 6 octobre 2018 à 7h25 direction Nouméa, durée du vol 6h30.

Le décalage horaire entre les deux villes étant de 21 heures, le samedi 6 octobre 2018 fut la journée la plus courte de notre vie.

 

Lorsque notre avion se pose le dimanche 7 octobre 2018 à 10h55 sur le tarmac de l'aéroport La Tontouta de Nouméa, nous avons encore à l'esprit les sourires et la gentillesse des Polynésiens, la beauté de leurs îles. La Polynésie est vraiment un coup de cœur unanime!

C'est donc la gorge nouée que nous foulons le sol de Nouvelle-Calédonie.

 

Nos premières impressions à l'aéroport sont mitigées. Les rares autochtones se montrent réservés, les visages sont plus durs.

Discrètement, nous nous dirigeons vers notre loueur de voitures, Point Rouge  qui se trouve dans l'aéroport et embarquons dans notre Dacia, blanche cette fois-ci, direction Dumbéa et notre gîte le Tour du Monde. En chemin, les paysages nous rappellent la campagne du Morvan, ponctuée de palmiers.

 

 

Le gîte, tenu par Dan et Jean-Claude, deux globe-trotteurs humanistes, est composé de chalets à thèmes et d'une bibliothèque des voyageurs, posés sur une colline verdoyante. Ils partagent leur quotidien avec deux chiens, Oscar et Chapati, et deux chats, Neige et Soldat Ryan.

Tous les soirs, Dan et Jean-Claude font table d'hôtes, et donnent à cette occasion des clés pour mieux comprendre la Nouvelle-Calédonie, grâce à leur amour et à leur connaissance de l'île et de ses habitants. Au cours de nos 4 nuits passées chez eux, nous dinerons à deux reprises avec Dan et Jean-Claude. Un grand bravo à Dan pour sa cuisine variée et succulente!

Comme introduction à la Nouvelle-Calédonie, nous ne pouvions espérer mieux...

 

 

Nous avons pas mal sillonné Nouméa en voiture et à pieds.

Nouméa est une capitale très occidentalisée. On se croirait sur la côte d’azur à Nice. Le contraste avec Papeete en Polynésie française est saisissant. Nouméa semble plus sophistiquée, plus riche, mieux équipée.

Mais le plus choquant à Nouméa est l’absence apparente de brassage ethnique. D’un côté les « Mélanésiens », de l’autre les « Européens ». A Nouméa, nous avons l’impression que deux mondes se juxtaposent et que tout les sépare : l’histoire, la culture, les traditions, le mode de vie. Le pouvoir d’achat entre les deux « communautés » semble aussi bien différent !

 

Le Grand Nouméa qui englobe la capitale et les localités voisines de Dumbéa, Païta et Mont-Dore concentre les deux tiers de la population de Nouvelle-Calédonie, composée de Kanak (Mélanésiens), d’Européens, de Polynésiens, d’asiatiques et d’autres groupes minoritaires.

 

La population française, elle, se compose de plusieurs communautés distinctes :

  •  Les "caldoches", qui sont les descendants des forçats ou des premiers colons français du XIXème siècle. Il existe deux sortes de caldoches, ceux qui vivent en zone urbaine, appelés « Calédoniens » et ceux des zones rurales, les « Broussards ».
  • Les « métros » qui sont les français qui viennent en Nouvelle-Calédonie pour y travailler. Ils sont installés majoritairement à Nouméa et ne possèdent pas de propriété familiale dans le pays, contrairement aux « caldoches ».

Dan est un « caldoche », Jean-Claude un « métro ».

Pendant notre séjour chez eux, nous avons pu faire les sorties et activités suivantes :

 

Baptême de plongée

Le lendemain de notre arrivée en Nouvelle-Calédonie, nous avons tous fait un baptême de plongée réservé quelques jours auparavant auprès d’Abyss Plongée, un club situé dans la marina du Port du Sud de Nouméa. A tour de rôle, nous avons plongé sur un récif corallien au large de Nouméa et à l’intérieur du lagon, le Seiche-Croissant, très poissonneux…

 

Les enfants ont réussi sans difficultés leur plongée. Ruben et Oscar ont plongé entre 6 et 7 mètres, Emile, du fait de son jeune âge a plongé entre 2 et 4 mètres. Catherine et Manuel ont pu plonger ensemble avec le moniteur. Nous avons eu de la chance de tomber sur ce club qui a accepté de faire passer son baptême à Emile et surtout de nous prendre tous les cinq. Pour ne rien gâcher, l’équipe est super sympa et professionnelle. Il est possible avec ce club de passer son niveau 1 (à partir de 12 ans) en consacrant 3 demi-journées pour 6 plongées au total. Un très bon plan.

 

Le lagon de Nouméa est considéré comme l’un des plus grands au monde et l’un des mieux conservés. En 2008, les deux tiers du lagon ont été inscrits au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco.

 


Musée de la Nouvelle-Calédonie

La visite de ce musée est indispensable pour comprendre les fondements de la culture mélanésienne. On y découvre une grande quantité d’objets traditionnels, mais aussi une magnifique case de chef Kanak.

 

La grande case Kanak centralise le pouvoir du clan, de la tribu (qui regroupe plusieurs clans) ou de la grande-chefferie (qui regroupe plusieurs tribus).

Selon les aires coutumières, la grande case se situe dans un espace sacré et prédominant sur un tertre surélevé, entouré de palissade de bois, de pierres, ou simplement face à une pelouse délimitée par une allée de pins colonnaires et des cocotiers.

 

La forme architecturale de la case est le symbole de la société Kanak. Le poteau central est le chef ou l’ainé et il assure le lien au monde des ancêtres qui le conseillent pour orienter la vie de la tribu. Les poteaux, symboles des clans, restent autonomes mais rayonnent avec l’ainé. La forme du cercle offre l’harmonie et l’égalité de l’échange. Les autres éléments représentent les individus et leur rang selon qu’ils soient la panne sablière, les chevrons, la paille, ou la liane qui unit l’ensemble comme est unie la société.

On accède à la grande case par deux portes basses flanquées de larges panneaux de bois sculptés, les chambranles.
Au sommet de la case, alignée dans le prolongement du poteau central, la flèche faitière représente l’ancêtre et symbolise le clan. La conque positionnée dans la partie supérieure symbolise la voix de l’ainé et l’appel des clans.

 

La grande case constitue l’un des symboles les plus visibles et le témoignage le plus majestueux de la culture Kanak. On en aperçoit de nombreuses aux abords des villages, dans les campagnes, encore utilisées aujourd'hui.

 


Le Grand Sud

Nous avons consacré une journée entière à visiter le Grand Sud, trop peu, tellement cette région est riche. Le Grand Sud se caractérise par des paysages de collines, de rivières, de lacs, de forêts primaires, sur fonds de terre rouge. Cette région porte aussi malheureusement les cicatrices de l’exploitation du nickel. L’ensemble crée un paysage surnaturel.

 

Baie de Prony

Dans le Grand Sud, nous avons pris la direction de Prony et de son village pénitentiaire, lové dans une superbe baie. Le site mérite vraiment la visite, surtout que les touristes ne s’y pressent pas. Quelques randonnées sont proposées dans les environs.

 

Chutes de la Madeleine

Après déjeuner, et malgré la pluie, nous avons visité la Réserve de la Madeleine et ses chutes, dont les Néo-Calédoniens sont si fiers. Si les chutes sont belles et sympathiques, le sentier botanique de la Réserve vaut vraiment le déplacement. Sur un parcours d’environ 1 heure, il permet de découvrir les nombreuses espèces végétales, dont beaucoup sont endémiques à la Nouvelle-Calédonie. Nous aurions aimé camper plusieurs jours dans cette réserve, où il est possible de randonner, de faire du VTT et même du canoë. Un lieu très beau et très paisible.

 


Île aux Canards

Le troisième jour à Nouméa, à la faveur d’un ciel dégagé, nous décidons de passer la journée à la plage. ET oui, encore !!! Pour cela nous renonçons à faire le Parc provincial de la Rivière-Bleue, initialement prévu, mais qui supposait pas mal de voiture… et les enfants voulaient de la mer !

Nous optons pour une escapade sur un des nombreux îlots au large de Nouméa et choisissons le plus proche et le moins cher à atteindre en taxi boat, l’île aux Canards.

Malgré la présence de nombreux touristes australiens débarqués d’un immense paquebot, nous passerons une superbe journée, la tête dans l’eau, tellement leur sentier sous-marin est beau et poissonneux. Une vraie surprise !

Ne vous attendez pas à un îlot type Robinson ! Il est très petit et surtout très aménagé.

Sur place des bénévoles passionnés peuvent vous accompagner sur le sentier sous-marin et vous faire découvrir ses richesses. Pour profiter de la balade, un lycra qui protège du froid est préférable.

 

Le soir, nous sommes allés au cinéma voir les « Indestructibles 2 » et manger du Pop-Corn. Une première depuis que nous sommes partis et un vrai plaisir ! 

 


Centre Culturel Jean-Marie Tjibaou

Réalisé par Renzo Piano, l’architecte du Centre culturel Georges Pompidou à Paris et inauguré le 4 mai 1998, la veille des accords de Nouméa, le Centre culturel Jean-Marie Tjibaou est un vibrant hommage à la culture Kanak et à son fervent défenseur, Jean-Marie Tjibaou.

 

L’architecte a réalisé ici une architecture sophistiquée dans un souci permanent de respect de la symbolique Kanak, assurant le lien entre traditions et modernité. Le résultat est limpide.

Derrière le bâtiment, le chemin Kanak est un parcours végétal initiatique ponctué de cinq étapes évoquant le mythe du premier homme Kanak, Téa Kanaké : les origines, la terre nourricière, les ancêtres, les esprits et la renaissance.

Le site, le jardin, le bâtiment sont superbes. Il s’en dégage une impression de sérénité incroyable, aux antipodes de l’effervescence de Nouméa, si proche !

A ne rater sous aucun prétexte !

Possibilité de déjeuner sur place dans une cafétéria aux tarifs très convenables.

 

 

A l’issue de la visite du Centre Culturel Jean-Marie Tjibaou et après quelques courses en ville, nous partons pour notre Road Trip à la découverte de la Grande Terre… en espérant nous rapprocher un peu plus du peuple Kanak !

 


La suite de notre voyage en Nouvelle-Calédonie, à La Foa, c'est ICI


Commentaires: 1
  • #1

    Taubregeas (mardi, 23 octobre 2018 17:39)

    Nous continuons de faire un magnifique voyage.Toujours pas de requins Bises