HUAHINE


Le mardi 11 septembre 2018, nous décollons de Moorea à 12h00 direction Huahine où nous atterrissons à 12h35.

Nous sommes tristes de quitter Moorea, notre fare et sa plage privée, le superbe lagon et ses dégradés de bleus, nos sorties en kayaks, la pêche de nuit, Carlos le chien, les nouveaux copains…

Il a fallu expliquer aux enfants que dans ce voyage comme dans la vie, nous devons moissonner tous les instants de félicité, faire de chaque instant une éternité et les conserver précieusement, comme des trésors. Nous laissons toujours derrière nous un peu de notre cœur, mais heureusement que l’amour ne se divise pas : il se multiplie au fil de nos rencontres, il nous donne des ailes pour mieux avancer.

 

Nous jetons par les hublots un dernier regard sur l'île de Moorea,

 

et découvrons, peu de temps après, l'île d'Huahine...

 

A l’arrivée à Huahine, toujours pas de colliers à fleurs. Il faut l’accepter, l’accueil par de belles vahinés, au son des ukulélés, offrant des colliers de fleurs est peut-être un cliché véhiculé par les catalogues des agences de voyage ou un privilège que réservent les hôtels luxueux à leurs clients fortunés ou en lune de miel.

Ni riches, ni en lune de miel, nous sommes tout de même accueillis à l’aéroport par Michel, un français marié à une polynésienne, qui ressemble selon les enfants à leur grand-père François (Annick et François, on vous embrasse très fort... !). Les mauvaises langues vous diront que les français épousent des polynésiennes pour les terres qu’elles possèdent. En découvrant notre hébergement et le site autour, il faut bien admettre que la propriété de Michel et de Jacqueline sa femme ne dément pas cette croyance. Sur un immense terrain, face à la baie de Maroe, ils possèdent cinq maisons, dont quatre à la location, des plantations de vanille, des cultures de nonos, de cocotiers…

Notre maison est grande, un bel espace salon-salle à manger-cuisine, 3 chambres, deux salles de bains. Et même une machine à laver le linge, une première depuis plus de deux mois ! Les enfants adorent la maison, ça tombe bien, on y reste 9 nuits…

Nous allons aussi retrouver un peu d’intimité. Car la rançon d’un tel voyage est la promiscuité et avec elle, un trait tiré sur son intimité.

 

Notre maison et sa terrasse couverte qui donne sur la baie de Maroe

 

La maison est louée avec une voiture,

une magnifique Dacia d’un rouge qui ne passe pas inaperçu… et très poussive.

 

Et pour couronner le tout, on dispose aussi d’un bateau équipé d’un moteur de 15 CV, suffisants pour nous.

 

Huahine se compose de deux îles, Huahine Nui (« grande Huahine ») au nord et Huahine Iti (« petite Huahine ») au sud, séparées par un isthme de quelques dizaines de mètres. Selon la légende, Hiro, le dieu des voleurs, aurait fendu l’île en deux avec sa pirogue et aurait laissé des traces comme sa pagaie au fond de la baie de Maroe et son sexe, un rocher dressé vers le ciel… !

 

Sur la photo, on devine, à droite dans l'ombre, le profil d'Hiro et à gauche le petit rocher dressé ...

 

Huahine tirerait son nom de « hua », sexe et « hine », femme. Pour certains, Huahine ferait allusion à une femme enceinte, dont les formes sont visibles sur le profil du mont Tavaiura et observables depuis le port de Fare, « chef-lieu » de l’île.

 

Sur la photo, on distingue la femme enceinte allongée,

à droite son visage, puis ses seins et son ventre rond...

 

L’île, possède un pourtour très découpé, creusé de magnifiques baies et un relief plus doux qu’à Tahiti ou Moorea.

A Huahine, le tourisme est peu développé, il n’existe que 3 hôtels sur l’île, les pensions de famille étant plutôt la règle.

Mais le plus surprenant à Huahine, c’est son ambiance reposante, détendue, sa cool-attitude. On a vraiment l’impression que le temps chez eux s’écoule différemment du nôtre. Il faut admettre que trop souvent notre temps est un courant d’air qui passe par la fenêtre de nos vies.

Comme à Moorea, les gens vous saluent dans la rue, leur sourire est franc, parfois accompagné d’un « bienvenue chez nous »… L’accueil polynésien n’est pas une légende, ni un privilège réservé aux clients fortunés. Nous le vivons à chaque instant, ne ratant aucune occasion de converser avec les locaux. Le contact est direct, le tutoiement de rigueur et les questions sans détours… C’est vos enfants ? Quel est ton métier ? Combien tu gagnes ?  C’est ta femme ?... Elle est belle !

Les enfants, de plus en plus à l’aise, participent aux conversations et s’enrichissent de ces échanges.

 

« La santé et la force des insulaires qui habitent des maisons ouvertes à tous les vents et couvrent à peine de quelques feuillages la terre qui leur sert de lit, l’heureuse vieillesse à laquelle ils parviennent sans incommodité, la finesse de tous leur sens et la beauté singulière de leurs dents qu’ils conservent dans leur plus grand âge, quelles meilleures preuves et de la salubrité de l’air et de la bonté du régime que suivent les habitants ? » C’est ainsi que Bougainville, un des premiers européens à découvrir le Pacifique, voyait les tahitiens. Il ajoute un peu plus loin : « je n’ai jamais rencontré d’hommes mieux faits ni mieux proportionnés ».

Nous aussi, après lui, avons remarqué la beauté  des femmes et des hommes de Polynésie, bien que le surpoids semble devenir un vrai problème de santé publique.

Les femmes vêtues le plus souvent de paréos portent toutes des couronnes de fleurs sur la tête ou des fleurs de Tiaré à l’oreille sans aucun folklore culturel au service du tourisme. Elles le font parce qu’elles se trouvent belles ainsi. On est sous le charme !

 

Nous sommes fascinés par leurs tatouages. Tout le monde, quel que soit son âge, son sexe, son rang social est tatoué. Le tatouage fait partie intégrante des attributs de la beauté.

C’est aux Marquises, que l’on situe l’une des origines de cette pratique. Le mot vient du tahitien tata’u, (« taper légèrement ») et évoque la technique qui permettait de faire entrer l’encre sous l’épiderme en utilisant des sortes de peignes faits d’os, de nacre ou d’écaille de tortue. Les motifs picturaux traditionnels polynésiens reproduisent certains tiki, auxquels s’ajoutent les éléments de l’univers, des figures humaines, des dessins géométriques ou encore des animaux (tortue, requin, lézard, raie…).

Traditionnellement, le tatouage avait un rôle initiatique et social et était pratiqué dès la puberté. Marquant les grandes étapes de la vie d’un individu, il indiquait un rang élevé, révélait une preuve de courage et de force, attribuait au tatoué des vertus protectrices et inspirait le respect.

On ne vous le cache pas, on a tous envie de se faire tatouer. Pour le moment, le plus commode serait de le faire à Melbourne… A suivre !

 

 

Ces neuf jours à Huahine  nous ont permis de recharger les batteries, de prendre le temps de découvrir l’île et ses habitants, de prendre aussi des habitudes (et dire qu’on voyage pour échapper à la prison des habitudes…).  Les journées étaient consacrées à la découverte de plages, de criques, à faire le tour de l’île en voiture ou à naviguer sur le lagon. Les enfants ont aussi découvert la chasse sous-marine qu’ils ont pratiquée assidument, sans pour autant réussir à nourrir correctement leur tribu. Et sans oublier le travail scolaire...

 

Si les fonds sous-marins sont très riches en poissons, il est surprenant de constater à quel point les îles visitées jusqu'à présent sont pauvres en faune terrestre. Il semblerait même que l'avifaune (oiseau) terrestre soit une des plus pauvres du monde, en raison de la géographie insulaire et de l'éloignement des continents.  Nous avons seulement repéré deux espèces d'oiseaux : une petite tourterelle et le merle des Moluques, un oiseau criard et chapardeur, visible en photo dans la galerie d'images.

 

Attention, à Huahine comme dans beaucoup d'îles de Polynésie, il y a peu de plages de sable et des propriétés privées en barrent parfois l'accès. Nous avons beaucoup aimé les plages de Fare où il ne faut pas hésiter à s'éloigner du centre ville pour découvrir de belles criques après l'hôtel Maitai Lapita Village, les plages de la baie d'Avea au sud, notamment près du Relais Mahana (très bel hôtel, un peu isolé, où le restaurant présente parfois des spectacles de danses traditionnelles), la plage près de l'ancien hôtel Sofitel et bien sûr la plage de l'ancien hôtel Hana Iti, dont nous parlons plus loin. Selon nous, il est indispensable sur Huahine de disposer d'une voiture et d'un bateau pour vraiment découvrir les richesses de cette île.

A ce titre, Huahine Vacances est réellement un très bon plan!

 

 

Michel, intarissable sur son île, nous a fait un cours sur le cocotier que l’on partage avec vous. Le cocotier, indissociable de la Polynésie dans l’imaginaire collectif, est une espèce de palmiers qui n’est pas endémique mais importée, semble-t-il, par les premiers colons. Le cocotier n’est pas un arbre, mais une plante qui donne des fruits au bout d'environ six ans et pendant environ 70 ans. La récolte se fait environ tous les deux mois, un cocotier donnant en moyenne 150 à 200 noix de coco par an.

Le cocotier compte parmi les plus anciennes plantes utiles qui procure à l'homme de très nombreux produits, aussi est-il parfois appelé « l'arbre aux cent usages » ou « l'arbre de vie ». On l'exploite de multiples façons :

  • la pulpe séchée, se composant à 60-70 % de lipides, est appelée coprah. Celui-ci sert à la fabrication d'huile utilisée dans la confection de margarine, de savon et de monoï;
  • le « bois » de la tige est utilisé pour la construction;
  • la sève est consommée fraîche ou sous forme de sirop;
  • la fibre de coco, ou bourre de coco, fibres entourant la coque de la noix de coco, est utilisé pour faire des brosses, des paillassons, des matelas et des cordes ;
  • la fibre au sommet du cocotier est utilisé pour la confection de costumes;
  • les noix de coco immatures contiennent un liquide sucré, l'eau de coco, qui est une boisson rafraîchissante ;
  • la pulpe de la noix de coco est comestible. Elle peut également être râpée puis pressée pour en extraire le lait de coco ;
  • le bourgeon terminal ou « chou » du cocotier est comestible ;
  • le fruit est parfois coupé transversalement et entièrement laqué pour servir de cendrier, bac à glaçon ou petit accessoire de rangement décoratif ;
  • la noix de coco débourrée, coupée en deux demi-sphères et laquée, sert de soutien-gorge aux danseuses polynésiennes ;
  • la palme de cocotier est tressée et plongée dans l'eau de mer salée pour la conserver, puis séchée au soleil. Elle servait comme matériaux de construction en Océanie, pour les murs et les toits d'habitations. Divers objets peuvent être également tressés : chapeaux, sacs, ou servir de décoration de fête ;
  • la tige centrale de la feuille, séparée et séchée, sert notamment à la confection de balais ou de décorations comme les costumes de danse traditionnelle.

Malheureusement, les populations plantent absolument partout des cocotiers à coprah, au détriment de la biodiversité et de la végétation endémique. Les variétés traditionnelles de cocotier, plus résistantes aux maladies, se sont alors diluées dans la masse énorme des cocotiers ne servant que pour le coprah. Certaines variétés ont déjà disparu, d’autres sont menacées de disparition. Cette monoculture intensive du cocotier à coprah devient, semble-t-il problématique, car elle appauvrit les sols et fait perdre aux populations des savoirs-faire ancestraux.

 

 

Impossible de se rendre en Polynésie et de ne pas y faire de la plongée sous-marine, tant les fonds sont magnifiques.

Nous avions tenté notre chance à Moorea sans réserver à l'avance, mais tous les clubs affichaient complets. Du coup, nous avions réservé depuis Moorea, des baptêmes de plongée pour Catherine, Ruben, Oscar et Emile, sur Huahine avec Mahana Dive.

Le mardi 18 septembre 2018, jour prévu pour les baptêmes, il a plu du matin au soir. Depuis que nous sommes partis, c'est la première fois que le mauvais temps s'invite. On tentera à nouveau notre chance plus tard sur Maupiti ou Tahiti Iti!

 

Sur Huahine, il ne faut surtout pas manquer la plage de l’ancien hôtel Hana Iti, uniquement accessible en bateau. Le site est sauvage et la plage, adossée à une colline recouverte d’une forêt, est superbe. L’histoire du site est tout aussi incroyable.

Dans les années 80, Tom Kurth, un riche américain passionné d’architecture, après avoir fait plusieurs fois le tour du monde, décide de se poser en Polynésie, à Huahine, où il achète à Julio Iglésias un terrain de 25 hectares. Avec l’aide d’un sculpteur français, Jean-Claude Michel, ils construisent ce qui deviendra un des plus beaux hôtels du Pacifique, offrant à ses hôtes des cabanes luxueuses perchées dans les arbres au milieu d’une forêt tropicale. Tom Kurth y vit avec sa femme tahitienne et ses nombreux enfants, jusqu’en 1998, l’année où un terrible cyclone ravage son hôtel et le contraint à abandonner ses rêves d’enfants. Sur Youtube on trouve des vidéos de l'hôtel avant sa destruction.

De nos jours, la plage est prisée des plaisanciers. Un jour où nous y étions, un milliardaire américain avait privatisé une partie de la plage pour un déjeuner entre amis. Assister aux préparations et à l'arrivée des convives fut un vrai spectacle. On raconte aussi que Barack Obama s'y est rendu...

Tout aussi célèbre, vous ferez la connaissance de Siki, le gardien des lieux, présent tous les jours. Il peut sur demande vous concocter un déjeuner polynésien, à base de uru (fruit de l'arbre à pain), et de noix de coco... Il vous suffit d'apporter un poulet! On a testé, c'est délicieux!

Siki a aussi un atelier de bijoux à base de coquillages et de graines. Carmen et Daniel, on a beaucoup pensé à vous car vous auriez adoré l'endroit et le personnage!

Siki peut aussi, si votre tête lui convient, vous faire découvrir la forêt, ses sentiers et ses points de vue magnifiques sur le lagon.

Nous avons tellement aimé cette plage que nous y sommes allés trois fois... Ia orana Siki, mauruuru!

 

 

Grâce à ce voyage, nous comprenons chaque jour un peu plus que le bonheur est plus un état, une façon de se relier aux choses, de les laisser advenir ou mieux, de les accueillir. Pour cela, nous devons être très présents à nous-mêmes et aux autres. Le bonheur, c’est aussi pour nous la chance de vivre ces moments ensemble, tous les cinq…


La suite de notre voyage en Polynésie française à Bora Bora, c'est ICI


Commentaires: 2
  • #2

    Alice/Julie/Ch./JL (dimanche, 30 septembre 2018 17:11)

    Il est là l'bonheur, il est là ! Superbes aventures, merci pour les faire partager...pour faire prolonger les vacances en ce début d'automne. Ici, il fait un peu plus frais mais toujours pas de pluie. Julie a gagné son premier match de basket (championnat U15), Alice est plutôt branchée musique, cinéma ! Bisous et colliers de fleurs !

  • #1

    Arielle (jeudi, 27 septembre 2018 14:54)

    Quel endroit magnifique, où vous séjourner actuellement !
    Vos mines sont aussi resplendissantes!