KHAO SOK


Mercredi 27 février 2019

Nous quittons notre havre de paix, l’Eco-Logic Resort, vers 12h, direction le Khao Sok National Park à un peu moins de 200 km au sud.

La route pour y accéder est superbe, les reliefs karstiques où s’agrippe une nature sauvage et indomptable, sont de plus en plus présents, même si les plantations d’hévéas ou arbres à caoutchouc utilisés dans l’industrie du pneu à plus de 70% et de palmiers à huile utilisés principalement dans l’industrie alimentaire à hauteur de 80%, ternissent le paysage, remplacent la forêt primaire et menacent la biodiversité.

 

Au bout de 3h, nous atteignons notre guesthouse, le Khao Sok Jungle Resort, qui n’a de « resort » que le nom, et qui est tenu par le très sympathique Praiwan, rendu célèbre par l’émission « Echappées belles » qui était venue lui rendre visite en 2010.

Nous logeons dans un bungalow familial très ouvert sur une nature qui, à la nuit tombée, s’invite dans les chambres en nous offrant un concert symphonique ou plutôt une rave tropicale. La cuisine préparée par la compagne de Praiwan est succulente.

Seul petit défaut pour ceux qui veulent être indépendants dans leurs déplacements ou qui recherchent de l’animation, la guesthouse se trouve à quelques 5 km de l’entrée du parc dans un petit village. Si vous êtes de ceux-là, il faut loger dans le plaisant village-rue de Khlong Sok à l'entrée du parc.

Une très bonne adresse néanmoins !

 

 

Notre séjour à Khao Sok et dans la région de Krabi est organisé respectivement par Mathilde et l’agence Amon Tour.

D’ordinaire, nous aimons organiser nos voyages par nous-mêmes et il peut paraître surprenant de se faire aider dans un pays aussi facile que la Thaïlande. C’est parce que la Thaïlande est très touristique et très accessible que nous avons souhaité faire appel à des agences locales, afin de sortir un peu des sentiers battus et éviter le tourisme de masse.

Quel est l’intérêt de se retrouver sur un site, aussi beau soit-il, entouré de cohortes d’autres vacanciers généralement peu respectueux des lieux et empressés de prendre leur selfie, trophée devenu quasi-indispensable afin de prouver qu’on a vu « ce qu’il y avait à voir »?

 

Pour Khao Sok, nous nous sommes donc faits aider par une française, Mathilde, installée près du Khao Sok Jungle Resort et qui connait parfaitement la région. Une sommité sur les réseaux sociaux et notamment VoyageForum

Au programme, 2 nuits au Khao Sok Jungle Resort pour explorer le Khao Sok National Park, 1 nuit dans la jungle au bord du lac Chiew Larn et 2 nuits en bungalows flottants sur le lac Chiew Larn.

Pour nous accompagner et nous faire découvrir les richesses de la région, Mathilde nous a attribué un guide, Joy, passionné de nature et dont le rêve est de devenir moine au Laos.

 

Le Khao Sok National Park

Jeudi 28 février 2019

A 8h, nous partons avec Joy pour le Khao Sok National Park où nous ferons une randonnée de 3h, ponctuée d’une baignade en rivière.

Joy n’est pas avare en explications et il nous apprend beaucoup de choses sur le Khao Sok National Park, sa faune, sa flore. Nous verrons pas mal d’animaux, macaques, semnopithèques, serpents en grand nombre...

 

Véritable joyau naturel de la Thaïlande, le parc national de Khao Sok, créé en 1981, est la plus vaste forêt vierge du sud de la Thaïlande. La jungle de Khao Sok compte parmi les plus anciennes forêts tropicales humides de la planète. Pas moins de 160 millions d’années ! Sa superficie est de 739 km² et comprend le lac Chiew Larn de 165 km2, qui est contenu par le barrage Ratchaprapha. Le Khao Sok National Park est traversé par une chaîne de montagnes calcaires du nord au sud, culminant à 950 m d’altitude.

Côté faune, les vedettes sont les gibbons et côté flore, la star incontestable est la rafflesia, la plus grosse fleur du monde.

 

Le parc est très beau, offrant de nombreuses activités et randonnées, y compris sur plusieurs jours. Il est possible d’y dormir sur place, accompagnés d’un guide. Un lieu où l'on peut aisément passer quelques jours sans s’ennuyer.

 

 

Dans l’après-midi, nous avons navigué sur la Sok River pendant un peu moins de 2h, sur des radeaux en bambous. Pendant la saison sèche, le débit de la rivière est faible et il y a peu d’eau. Les enfants se sont beaucoup amusés sur les radeaux en se baignant ou en utilisant les lance-pierres des pagayeurs.

 

Le Lac Chiew Larn

Vendredi 1er mars 2019

Au réveil, nous sommes très excités car ce soir nous dormons dans la jungle sur les rives du lac Chiew Larn.

Vers 9h, nous partons pour le lac Chiew Larn qui se trouve à environ 60 km. En chemin, nous faisons une halte dans une petite ville pour nous ravitailler au marché. Joy est aux commandes, il nous fait goûter toutes sortes de produits et aiguise nos papilles qui sont ravies.

Au bout d’une heure et demie, nous arrivons à l’est du lac Chiew Larn à l’embarcadère, où nous attend notre bateau traditionnel thaïlandais longue queue et son capitaine, Jack.

 

Sur la photo de gauche, Joy est au premier plan, Jack est à la barre

 

Le lac de Chiew Larn est une vaste étendue d’eau qui s’est formée lors de la construction du barrage de Rachabrapha Dam en 1982 et qui noya 170 km2 de la réserve de Khao Sok.

Il en résulte un étonnant paysage lacustre d’où émergent des pitons karstiques, des milliers de pinacles et des fantomatiques cimes d’arbres engloutis par les eaux. Un spectacle hallucinant et de toute beauté.
Première halte sur le lac, un restaurant situé sur une petite île. Le restaurant est bon et le site est magnifique. Nous sommes déjà conquis par les lieux.

 

 

Après avoir mangé et s’être baignés dans une eau étonnamment chaude, nous partons à la recherche de notre campement pour la nuit. On ne peut pas camper n’importe où sur le lac ; Certaines portions sont interdites pour protéger la vie sauvage, d’autres trop dangereuses en raison du grand nombre d’animaux, notamment les éléphants ou les buffles d’eau. Des tigres et des léopards sont même recensés sur le parc, mais rares sont les chanceux à les apercevoir. Praiwan du Khao Sok Jungle Resort en fait partie !

 

Au bout d'une heure de navigation, nous installons le camp dans une baie magnifique où résonnent les cris des animaux et des enfants… Il faudra du temps pour installer le camp, fixer les hamacs, ramasser du bois pour le feu, découper les bambous pour les transformer en assiettes, verres, casseroles…

 

Pendant que  Joy prépare le repas, nous repartons en bateau traquer la vie sauvage, accompagnés d’un "fisherman" qui doit nous fournir le poisson pour le dîner; Nous allons le chercher dans des nasses à poissons où surprise, il y a aussi trois langoustes, on ne peut rêver plus frais!

Le dîner, constitué de poisson, de langoustes, mais aussi de riz et de poulet, est cuit au feu de bois dans des bambous.

Après ce festin, réunis autour du feu à y lire des promesses pendant que s'allument une à une les étoiles dans le ciel, peu à peu nos pensées s’échappent et les regards se perdent dans les flammes avant de rejoindre le sommeil.

Les enfants se couchent heureux, nous aussi !

 

« Dans mon église il n’y a pas de voûte entre moi et le ciel ». Jules Renard

 

 

Samedi 2 mars 2019

L’aube apparait presque comme une bouée de sauvetage après une nuit un peu agitée ; Pas facile de s’endormir dans la jungle qui résonne de tant de bruits inconnus à nos oreilles citadines. Il faut dire aussi que la voûte céleste rend insomniaque : trop de beauté, trop de grandeur pour songer à dormir. Cette nuit dans la jungle restera pour tous comme un grand moment de notre voyage en famille.

 

Au petit matin, la cuiller tourne inlassablement dans le café, brassant la fatigue avec les souvenirs. Esclaves du café, il nous faudra quelques coups de fouet pour rallumer le jour.

Après un délicieux petit déjeuner à base de cake façon jungle, concocté par notre chef Joy, nous levons le camp et partons en bateau découvrir un peu plus le lac.

 

Première halte, la Pra Kay Pectch Cave, ou Diamond Cave. Nous avons de la chance, nous sommes seuls pour découvrir cette grotte et ses magnifiques concrétions minérales, ses chauves-souris, son lac intérieur foisonnant de poissons.

 

 

Nous partons ensuite pour une randonnée de 2h en forêt tropicale, sous les cris envoûtants des gibbons.

La randonnée manque un peu d’intérêt à nos yeux malgré les explications de Joy. Nous avons déjà randonné en Amazonie équatorienne et cette randonnée nous éloigne un peu des trésors du lac, ses reliefs karstiques, ses pinacles, ses arbres morts avec leurs branches spectrales et nues qui griffent le ciel.

 

 

A l’issue de la randonnée, nous remontons sur le bateau, direction les bungalows flottants où nous devons passer 2 nuits.

Impossible de se lasser de ces paysages aux allures de décor de film fantastique. On entend même les enfants s’étonner de la beauté des lieux.

 

 

Un peu avant midi, nous découvrons nos bungalows flottants au Phutawan Raft House. Les bungalows sont photogéniques et font illusion même auprès d’architectes comme nous. Mais en réalité, ils sont mal conçus. Le lit tourne le dos aux deux meurtrières qui servent de fenêtre et de vue sur le lac. Une aberration ! En outre, l’hôtel est fréquenté presque exclusivement par des touristes russes.

Vous pouvez trouver bien mieux ailleurs, notamment le Rainforest Camp tout proche ou le fameux Praiwan Raft House, ou encore le tout nouveau Phupha Waree Floating House

Autre défaut de cet hôtel, il est trop éloigné des reliefs karstiques, même s’il est plus proche de la jungle et de la vie sauvage.

 

Ci-dessus un plan avec les hôtels flottants et les principales attractions

 

Les deux journées qui suivent seront consacrées à la baignade, à faire du canoé, à partir au crépuscule et à l’aube à la recherche ou à l’écoute de vie sauvage.

Sur le lac, à la tombée du jour, le silence déferle et règne en maître, troublé seulement par les bruits de la forêt. Après 22 heures, l’alimentation en électricité est coupée. Nous nous retrouvons (presque) seuls, dans une cabane bercée par les flots, avec les quelques habitants des lieux et le clair de lune pour compagnons.

A l'aube, alors que la faune salue le jour qui se lève, la brume envahit le lac et l'enveloppe de mystère, avant de laisser sa place au soleil triomphant.

L’atmosphère épaisse du lac et de la jungle pèsent sur l’écoulement du temps, le ralentissent, le densifient.

INOUBLIABLE!!

 

Un grand merci à Joy et Jack pour ces moments de partage. Deux personnes portées sur le rire. Impossible de ne pas s’en faire des amis


La suite de notre voyage en Thaïlande, à Krabi, c'est ICI


Commentaires: 3
  • #3

    Katia (samedi, 05 octobre 2019 23:01)

    Bonjour. Pouvez vous le donner les coordonnées de l agence par qui vous êtes passé pour faire votre séjour à Khao Sok. Combien avez vous payer!( excursion et hébergement) merci. Ça à l air chouette ce que vous avez vécu cela donne envie. Merci du partage. Voici mon mail k.beyris@gmail.com
    Bonne journée
    Katia

  • #2

    Los Krabinos (samedi, 16 mars 2019 18:11)

    De retour sur l'année buissonnière après les vacances de février (neige et soleil dans le Vercors). Encore un superbe reportage et des aventures toujours palpitantes : lac, jungle...Bises Julie Alice Christine Jean-Luc

  • #1

    Maria Del Carmen Rodriguez (lundi, 11 mars 2019 19:06)

    Vous souris nous comblent de bonheur, quel belle familles, merci a las Mamas.
    Papas aussi. En cinquième ca vous dirait? (folle la Mama).
    je vous aime a la folie.